Iriscare a récemment rendu visite aux habitants d’une des maisons kangourou du CPAS de Molenbeek. Ce projet permet à des aînés en situation de précarité de bénéficier d’un logement digne, tout en partageant leur quotidien avec une famille monoparentale. Une initiative qui contribue à lutter contre l’isolement et la précarité.
Certaines initiatives prennent tout leur sens lorsqu’on les découvre sur le terrain. À Molenbeek, une maison kangourou montre concrètement qu’il est possible de répondre à des enjeux sociaux majeurs avec des solutions simples et humaines.
Ce type de projet s’inscrit pleinement dans la lutte contre l’isolement des aînés et contre le sans-abrisme.
Un projet d’habitat partagé
Ce projet se compose de deux maisons unifamiliales, chacune divisée en cinq chambres. Dans chaque maison, quatre des chambres sont occupées par des aînés en situation de précarité. Les salles de bains sont partagées entre deux résidents, par étage.
Une cinquième chambre avec mezzanine est prévue pour une maman kangourou et ses enfants. Elle dispose de son propre espace, avec salle de bains et toilettes.
Au rez-de-chaussée, les espaces communs permettent aux habitants de se rassembler : cuisine, salon, salle à manger et cour. C’est là que se vit le quotidien.
L’objectif du projet est de permettre aux aînés de rester le plus longtemps possible dans un cadre de vie de qualité, tout en préservant leur autonomie. Il s’agit aussi de rompre l’isolement et de retarder l’entrée en maison de repos.
Un dispositif au service de la solidarité
Porté par le CPAS de Molenbeek, ce projet existe depuis de nombreuses années et bénéficie depuis 2022 d’un subside facultatif d’Iriscare. Celui-ci couvre notamment les frais de personnel et de fonctionnement.
Le public visé est constitué d’aînés de plus de 60 ans présentant certaines fragilités, ainsi que de familles monoparentales accompagnées par le CPAS.
Pour les aînés, il s’agit d’une alternative à des situations de vie parfois très difficiles. Plusieurs d’entre eux ont connu des conditions de logement précaires, voire du sans-abrisme. Ici, ils retrouvent un cadre stable et sécurisé.
Pour la maman kangourou, le projet permet d’accéder à un logement abordable tout en s’inscrivant dans une dynamique collective.
Une maison où il fait bon vivre
Lors de la visite, l’accueil s’est fait dans le salon et la salle à manger. La table était dressée avec soin, avec du thé, du café et des gâteaux. L’ambiance était chaleureuse et conviviale.
Les échanges avec les habitants ont été marquants. Les parcours de vie sont parfois lourds, mais les récits sont partagés avec beaucoup de dignité. Malgré cela, l’atmosphère reste légère. Les résidents se soutiennent, se taquinent et partagent des moments simples.
L’un d’eux participe bénévolement à des maraudes à Bruxelles. Ce type d’engagement témoigne d’une volonté de rester actif et de contribuer à la société, malgré un parcours de vie difficile.
Un rôle clé pour la maman kangourou
La maman kangourou présente dans la maison y vit depuis de nombreuses années. Arrivée avec ses jeunes enfants, elle est aujourd’hui un élément central du projet.
Son implication est visible au quotidien. Elle participe à la vie de la maison, prend des initiatives, aide à gérer les imprévus. Elle organise notamment le repas de Noël et veille au bien-être de chacun. Sa présence contribue fortement à l’équilibre et à la cohésion du groupe.
Cette maison kangourou illustre, de manière très concrète, ce que peut être la solidarité au quotidien.
À travers un projet simple, elle offre des réponses à plusieurs enjeux en luttant contre la précarité, en rompant l’isolement des aînés et en créant du lien social.
Dans un contexte souvent marqué par l’individualisme, ce lieu montre qu’un autre modèle est possible. Un modèle fondé sur l’entraide, la générosité et l’attention à l’autre.